Prendre corps ?

C’est un atelier pour planter des mots sur les territoires de l’intime. Pour cela chaque participant s’engage à respecter trois règles : être honnête, ne pas juger, faire preuve de bienveillance.

Prendre corps s’adresse aux personnes qui ont envie d’explorer leur corps sous l’angle des mots pour (ré)apprendre leurs sensations et tenter de les partager. A l’atelier, vous n’écrivez pas d’histoire, mais vous pouvez y trouver de la matière pour le faire, plus tard, de la matière poétique. L’atelier est accessible à ceux qui pensent « ne pas savoir » écrire, aussi bien qu’à ceux qui ont une pratique quotidienne de l’écriture (roman, conte, chanson, etc.) qu’ils souhaitent enrichir. En fait, la question n’est pas là.

C’est un atelier pour les explorateurs, les expérimentateurs, les argonautes, les navigateurs, les voyageurs, les chercheurs, pour tous ceux qui aiment s’aventurer en eux-mêmes, c’est une expérience à vivre.

Des exercices permettent de partir à la pêche aux émotions, de cueillir des sensations, débusquer des impressions. On met ensuite des mots sur cette récolte. Mais pas n’importe lesquels, des mots qui sonnent juste.
Puis, à la manière du sculpteur, ou du cuisinier, ou du taxidermiste, ou du lapidaire, on façonne cette matière plastique, les mots. Et ce qui était indicible prend de l’épaisseur, une forme, un corps.

Les ateliers se terminent par la lecture des poèmes, composés ou fragments, qu’on voudra – peut-être – étoffer chez soi.

Cet atelier se concentre sur le corps. Le corps compris comme cette matière à partir de laquelle nous faisons l’expérience du monde. On peut donc reconnaître son corps, par exemple dans le mouvement ralenti d’une vague ou dans la rigueur militaire d’un chambranle de porte blindée (je ne dis pas que ça doit être, mais ça peut arriver). Or cette matière qu’est le corps est traversée par tout un tas d’objets complexes : des expériences et sensations, des émotions et envies, de l’érotisme et de la sexualité, de la nourriture, de la maladie… C’est la façon dont ces objets nous traversent et laissent leur empreinte en nous que nous travaillons à l’atelier. Ainsi, nous donnons corps à nos membres fantômes pour mieux les accueillir, ou s’en débarrasser !

Prendre corps est le titre d’un poème de Ghérasim Luca, découvert à travers la voix (sensuelle) d’Arthur H.