Présentation

Il se situe à la croisée de plusieurs pratiques :
+ la poésie, comme écriture mais aussi dans sa dimension orale
+ et puis du côté des moyens : l’éducation populaire et les outils d’intelligence collective, l’art-thérapie, le travail de la voix et du jeu, le yoga, la communication non-violente…

Ce cycle d’ateliers repose sur deux fondamentaux : la volonté de bienveillance et la volonté de suspendre son jugement.

Il apporte des bénéfices artistiques, éducatifs, thérapeutiques et sociaux :
+ Découvrir sa créativité, la développer et l’entretenir
+ Apprivoiser ses émotions avec une activité créative et concrète
+ Acquérir une meilleure connaissance de soi
+ Appréhender son vécu en se racontant l’histoire qui fait du bien
+ Développer de la familiarité avec sa langue, s’en faire une alliée
+ Apprendre à s’exprimer avec justesse
+ S’exercer à écouter sans jugement, se laisser surprendre par l’autre
+ Créer du lien social, faire circuler la parole

Cette pratique de groupe vise à soutenir l’émancipation et l’autonomie individuelle, notamment par la reconnaissance de ses différentes facettes (par le groupe et par soi-même).

Quand les ateliers ont lieu dans le cadre d’une institution, un travail préalable peut être réalisé avec les équipes pédagogiques et soignantes.

En général un atelier se structure en quatre temps :
+ La  prise de contact pour former un groupe
+ L’auscultation d’une émotion qui s’achève par un partage
+ L’écriture proprement dite qui s’achève par un partage
+ La mise en voix qui s’achève par une restitution

Idéalement, les ateliers se pratiquent par cycle de 6 séances qui permettent de déployer le travail jusqu’à une restitution en public.

 

L’animatrice

Hélène Gugenheim est artiste et écrivaine. Son premier roman-poème « Nuits » a été publié par les éditions Gaspard Nocturne. Elle vient de terminer la rédaction d’un second livre. Ses textes ont été publiés en revues (Berlingot, Post_ , Han Han… ).

Elle participe à des manifestations artistiques ou littéraires (Les Transversales et laNuit de la poésie à Crest, salon Jeune création à Paris, expositions à New-York et Paris…) et anime ponctuellement des ateliers d’écriture depuis 2015.

Elle s’est initiée à la Communication Non Violente avec Véronique Gaspard et aux outils de l’éducation populaire au CREFAD Lyon. Elle pratique le yoga ashtanga qui lui a été transmis par Jérôme Poulenc et se forme aux techniques vocales avec Théo Harfoush qui est son complice pour différentes créations sonores.

Infos pratiques

L’atelier est organisé en petits groupes de 4 à 10 personnes maximum.

Il s’adresse aux participant.e.s individuel.le.s ou à des groupes déjà constitués, par exemple au sein d’associations ou d’institutions (un travail est réalisé en amont avec les équipes pour adapter les contenus de l’atelier).

Il dure 2h à 3h selon les publics et se poursuit idéalement sur un cycle de 6 séances.

Vous souhaitez organiser un cycle d’atelier pour votre établissement ?
Vous souhaitez rejoindre un cycle destiné aux participant.e.s individuel.le.s ?

Contact :  contact[at]helenegugenheim.com / 06 27 19 47 95

 

Dans mon poing serré

C’est un espace qui n’existe qu’à l’instant où nous serrons le poing. J’aime bien ces zones ambiguës du corps. Ainsi chaque main porte en elle un poing serré dont on ne sait pas quand ni surtout pourquoi il apparaîtra : enthousiasme ? colère ? froid ? combativité ? préhension ? (voir aussi : les empreintes d’Aude Medori)

Au cours de cet atelier nous prenons le temps d’observer comment la main se transforme en poing, puis je vous accompagner dans la découverte des impressions, émotions ou souvenirs inscrits dans votre poing serré. Ces notes d’exploration sont ensuite mises en forme poétique pour exprimer vos sensations, au plus juste, avec l’aide précieuse du groupe.

Quelques-une des explorations réalisées sur ce thème… 

Dans mon poing serré le souvenir
de l’enfance humide et fripée – je suce pas maman a eu raison de l’interdire – la succion bloque les mâchoires – les dents de travers elles pousseront a dit maman.

Dans mon poing serré le souvenir
de l’adolescence contenue en silence – la colère graine et s’amoncelle – un jour trop plein éclabousse la table – maman ne sourit pas pourtant mes dents ont poussé droit.

Dans mon poing serré le souvenir
du secret innocent – tes cheveux noirs je tire mon amour tiré par les cheveux – fine pellicule de poussière je retiens de ton passage éphémère entre mes reins – je ne suis plus son enfant maintenant a dit maman.

Dans mon poing serré le souvenir
du premier abandon à s’oublier – ton prénom pernicieux je murmure constamment – la muqueuse buccale brûlante de tes relents – la gencive en cloque s’est mise à saigner – tes dents tombent comme une enfant a dit maman.

Dans mon poing serré le souvenir
de ma colère papier mâché – ton sourire je tords mes phalanges raclent sur tes dents – porcelaines broyées je les porte à ma bouche – j’avale tes éclats riant(s) à m’en étouffer- une couronne sur un trou n’a jamais rien réparé a dit maman.

Lau

***

Il y la mer
le bruit de la mer
des cris des jeux
au bord des vagues
le sable crisse sous mes pieds
une moule décrochée du rocher
mon filet à pêche troué
l’orage qui vient,
violet,
je tends les doigts,
et l’enfance disparaît.

RT

***

Dans mon poing, qui palpite,
un petit oiseau tiède,
plumes poussin ébouriffées,
peignées de pourpre et effilées,
en longue traîne, traînée pampille.
L’oiseau s’est envolé.

Dans mon poing encore tiède,
un autre petit oiseau né palpite
au creux du temps creusé d’années.
De mon poing serré, je tire
des générations spontanées,
en colonies d’oiseaux, à longues traînes.

Leurs traînées ondulent sur le ciel
Caracas Chine Afrique ou Bagatelle
pampilles qui grelottent, ombres portées
sur le menton levé, des enfants
les montrent du doigt, excités
inconscients, l’autre main s’est fermée.

De leurs poings serrés tombent,
de grosses gouttes tièdes
sur la terre, le sable, le béton,
la moquette du salon,
de petites flaques rouges
et quelques plumes poisseuses.

Juliette C.

 

Respirer

Respirer c’est d’abord (mais pas que), inspirer expirer. C’est faire un échange entre l’extérieur et l’intérieur de soi. C’est aussi l’une des façons les plus évidentes pour entrer en communication profonde avec son corps, un bon moyen pour entrer à l’intérieur de soi. (voir aussi : Marina Abramovic & Ulay Breathing in / Breathing out)

Au cours de cet atelier, je vous présente types de respiration, avant de vous accompagner dans l’auscultation des impressions, émotions ou souvenirs liés à votre respiration. Ces notes d’exploration sont ensuite mises en forme poétique pour exprimer vos sensations, au plus juste, avec l’aide précieuse du groupe.

Quelques-une des explorations réalisées sur ce thème… 

Éjectée des songes
Murmures rauques
Râles désobéissants
Éveil des mes sens privés de leur pleine jouissance
Honteuse, rendant les armes
J’accepte ce jet glacial dans ma gorge

Lascive, attendant l’inéluctable libération
Ô belle onde scintillante parcourant chaque once de mon être
Naïve redécouverte des sillons
Aimée, désirée comme jamais, ouverte,
la chaleur des possibles éveille mes envies

Charlotte Briande

***

Rayonnement raccourci de drap froissé
Contraction de drap
Concrétion
Dure
Petit diamant
Brillant
Coupant
Et suspendu
A rien.
Enchantement
Au cœur vide du feu,
Balancement
Dans une auréole bleue,
Le souffle de l’explosion
Rejet de vie en périphérie brûlante, rougie.

Cassandre

***

Un crabe dans les poumons
Mes poumons crabent crabahutent
De droite à gauche par les côtés de haut en bas,
Il transbahute
Des Ouch des Wizz
Une pince sur le cœur
L’autre serrée sur la gorge
Des Ouch et des Wizz
Débusqués déplanqués dans les rochers les sables,
Avec sa carapace parfaitement coquillée
Pour mes journées dans des paniers.

M. G.

La salive

Avaler, cracher, embrasser, manger, débattre, sucer, digérer… j’avais envie de travailler sur la salive parce qu’elle se situe au croisement de différents appétits. Et puis c’est une matière qui s’échange, nous la produisons dans notre intimité et elle est un lien, un liant, avec notre environnement. Je crois que c’est une matière qui a beaucoup de confidences à faire. (voir aussi : Les Gens d’Uterpan X-Event 2.7 Les salives)

Au cours de cet atelier, je vous accompagne dans l’examen des impressions, émotions ou souvenirs charriés par votre salive. Ces notes d’exploration sont ensuite mises en forme poétique pour exprimer vos sensations, au plus juste, avec l’aide précieuse du groupe.

Quelques-une des explorations réalisées sur ce thème… 

Enseveli, envahi, au milieu de celle-ci
Sourde, se déroule, elle m’engloutit
Lame de fond et éblouissement
Nirvana, je glisse

J.G.

***

Pose ton regard sur ma bouche
Frôle la plaie ouverte qui balbutie ton nom
Laisse mes silences t’envahir, mon bégaiement t’affranchir
Je serai ta pulpe, ton fruit
La nuit crisse dans chacun de tes gestes
Ose, je t’en prie, ose
Plonge dans le gouffre à demi-ouvert
infiltre toi dans mon souffle
Déjà je sens tes plus belles noirceurs m’envahir
Je frémis, je danse
La nuit est ce point, ce moment, ce territoire
où les sens sont saisis d’effrois
Tu tiens ma voix, tu assièges ma langue
Couvre moi de tes milles bouches
Enveloppe moi, inonde moi
Oui
Je deviens ta nuit, la chair même de ton souffle

Vincent Comte

***

Quelque chose vient d’entrer dans cette grande boite noire qu’est mon corps.
Mon corps est mort, il y a bien longtemps.
Mort, enterré, mon corps, le corps.

On lui a fait nos adieux, au corps, il y a bien longtemps.
Il est devenu froid, dur, comme un cadavre.
Je le traîne, il est lourd.
Il ne dit rien.

Seul les bruits du dedans (y) raisonnent.
Les bruits de la tête, petits cliquetis foudroyants.
Mort en soi. Je porte les bruits, je traîne le corps.

Quelque chose vient d’entrer dans cette grande boîte noire qu’est mon corps.
Un petit ver.
Un solitaire.
Un petit ver doux, gluant, intrépide.

Il est entré par l’orifice droit du haut de la tête, où les bruits s’emmêlent avec le dedans.
Il les a dévoré, les bruits, lentement.
Laissant derrière lui une trainée calme.

Le corps a respiré, a bougé.
Quelque chose vient d’entrer…

Lau

***

Je respire, brutalement. Dans l’attente d’un dégout désiré.

Je le vois, ce filament visqueux poursuivre lentement sa chute vers mon épiderme. L’impact vient immédiatement former une petite flaque gélatineuse et brillante. Mais le lien ne se rompt pas, et, l’espace d’une seconde, nous sommes reliés.

Ton intérieur vient percuter mon extérieur.

Et puis, d’un coup, j’ai la chair de poule. Ma peau rejette : le lien s’est cassé. Une partie retourne à ta bouche, le reste s’échoue sur moi, mare glissante, froide et inconfortable. Je sens le moindre souffle d’air effleurer cet espace que tu as mis à nu.

Doucement, cette humidité envahissante commence à s’estomper. Elle pénètre les pores, s’enfonce et s’évapore pour ne garder que la fine pellicule protectrice.

C’est l’essence de toi.

Elle garde l’odeur de nos ébats, de nos vices et de nos secrets.

Camille Z.

***

Langue au chat

Cascade de salive. Vertigineuse. Verglacée. Reine des neiges glissant sur paroi lisse et dure. Sirènes ruisselant sous cascade vermillon.

Vers de terre englués de salive. Mouillés, perdus, entortillés. Mais sous terre, à l’abris de la cascade salivaire. Vers à soi. Vertige soyeux. Vertige salivaire. Ovaire. Salive d’ovaires sur paroi verglacée. Patinage, boucle, salto sur paroi salivaire.

Goutte à goutte sur vers de terre, vers à soi, vermisseaux. Grouillants. Poisseux. Collants. Gouttes vermillons. Vermicelles de doutes. Ballons de baudruche salivaire coulant sur les vers. Vermillon. Carrillon.

Musica ! Il a crié qu’il fallait de la musique. Violon, violoncelle, viole. Symphonie en vers salivaire. Vermine de silence. Notes vermoulues. Bémol de doutes.

Et la langue alors ? Retourner sous la cascade vertigineuse, nauséeuse. Glisser sur la paroi froide et dure. Dériver. Echouer sous la langue. Engluée de salive vermillon. Langue qui goutte à goutte dans la grotte. Grotte langagière émettant ballons de baudruche salivaire. Bombe à eau salivaire glissant sur la paroie verglacée. Vertigineuse. Vermoulue.

Et ce chat alors ? Chat noir léchant poils de cascade verglacée. Salive de chatte sur paroi givrée et poilue. Toboggan salivaire. Trou-noir. Langue de chatte sur cascade vermillon. Langue de chatte sur queue de sirène ruisselante.

Fin de la symphonie salivaire. Noir buccal. Applaudissement vermillon.

Laurence Verdier

***

Il me regarde avec ses yeux qui sentent le cul et qui me disent « viens sur ma bite, petite salope ! »
Moi, je suis un peu gênée, je n’ai pas l’habitude de faire ça. C’est embarrassant et un peu dégueulasse, tout de même !
Certes, il me paie pour assouvir cette paraphilie et je dois dire que c’est mon seul élément de motivation.

Je m’approche de son sexe turgescent. Je le sens, le renifle, il est sec et déjà tout dur. Je le mets dans ma bouche.
Bah, j’ai déjà envie de fuir pour vomir. Je voudrais arrêter mais il fantasme sur une logorrhée salivaire. Il veut que j’inonde son corps de salive comme un barrage dont on ouvre subitement les vannes.

Allez, courage, penche-toi sur ce sexe un peu puant et laisse venir cette salive. Je sens qu’elle s’accumule dans mon estomac au fur et à mesure que je le pompe.

Décidemment, je n’aime pas ça, je n’aime pas son sexe, il me rebute. Ce dégoût vient alimenter le flot, le flux de ma salive qui continue à stagner dans mon estomac. Elle est prête à surgir.
Elle monte, elle monte

Marie de l’Erosticratie